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Des promesses, toujours des promesses ! | Février 2006

La visite d'Angela Merkel à Jacques Chirac, même si elle a été reçue au château de Versailles, n'aura rien changé à la position de l'Allemagne sur le sujet de la TVA à 5.50 % dans la restauration, chacun ayant ses petits soucis dans son pays.

Et voilà notre président qui ne pourra faire face à sa promesse électorale. Ah zut alors, à cause des allemands, notre président de la République ne pourra honorer ses engagements.

Mais est-ce réellement un problème ?

Sur le plan de la promesse, le regretté Coluche ne disait-il pas qu'une promesse électorale est d'abord et avant tout une promesse ? Quant à Jacques Chirac, on lui prête la maxime suivante : une promesse n'engage que celui qui y croit. Donc nous sommes fixés quant à la valeur d'une promesse d'homme politique, si tant est que nous ayons eu encore quelque vague illusion : tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse !

Sur le plan de la mesure en elle-même, on est dans un marché de dupes. Du côté politique, on vient d'en parler, mais du côté des restaurateurs, il y a des commentaires à faire. Selon André Daguin, la TVA à 5.50 % devait permettre de contrer Mc Donald's en particulier et la vente à emporter d'une manière générale, et de créer 40 000 emplois.

Si l'on observe ce qui se passe chez Mc Do ou dans le TGV, le caissier demande systématiquement si c'est pour consommer sur place ou bien à emporter, afin de moduler le taux de TVA selon la réponse. Sur place, c'est 19,60 %, comme dans les restaurants, et c'est donc la marge qui varie.

Si l'on regarde le marché du travail, aujourd'hui en Alsace on donne une prime à des chômeurs pour qu'ils acceptent de travailler dans la restauration : nous sommes face à un manque patent de candidats à ces métiers. Dès lors, à quoi ça sert de créer 40 000 emplois si on n'a personne pour les pourvoir ?

Au final, entre l'hypocrisie des uns et les objectifs déguisés des autres, le résultat est que les restaurateurs ne pourront pas augmenter leurs marges de 15 %. Du fond du cour, on les plaint.



Eric FROGER

 

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