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Joachim Mendes : un bilan très
mitigé pour 2007 | Février 2008

Il est naturel, en ce début d’année, de recueillir les analyses du président de la Chambre Syndicale, Joachim Mendes, sur les faits marquants de l’année passée. Dans une interview sans fard,
il nous livre un bilan détaillé, lucide et expose les grands chantiers qui concernent la profession
et son avenir. Interview.
Quel bilan tirez-vous de l’année qui vient de s’écouler ?
L’année 2007 n’a pas été facile pour la profession. Je crois que nous pouvons annoncer un recul des ventes de l’ordre de 5 à 10 % à périmètre constant. La consommation aux distributeurs a été impactée plus ou moins fortement, selon les sites, par une situation économique morose, un pouvoir d’achat en berne pour les consommateurs qui voient certaines dépenses comme le logement exploser et qui sont donc contraints d’arbitrer entre différents postes. |
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Malheureusement, c’est souvent le poste alimentaire qui se trouve pénalisé. L’interdiction de fumer dans les entreprises a conduit à des réorganisations dans les salles de pause et a poussé certains salariés à faire l’impasse sur la pause café au profit de la cigarette à l’extérieur, avec à la clé une baisse importante des consommations aux distributeurs. Autre fait marquant, les gestionnaires connaissent depuis plusieurs mois une période de hausses tarifaires de la part des fournisseurs qui répercutent eux-mêmes la hausse des cours des matières premières au niveau mondial.
Face à la pression de la demande de certains pays, il ne faut pas s’attendre à ce que la situation s’inverse. Au-delà des matières premières, la hausse du coût de l’énergie avec un baril de pétrole qui a dépassé 100 $ pèse sur les coûts d’exploitation des entreprises… Tout cela n’est pas sans conséquence sur les résultats financiers des entreprises, bon nombre de dirigeants sont pessimistes et voient la situation se dégrader. Fait aggravant, nous avons déjà suffisamment contracté nos marges pour faire face à une pression concurrentielle forte et nous n’avons désormais quasiment plus aucune marge de manoeuvre pour obtenir des gains de productivité.
Pour autant, il ne faut pas céder au catastrophisme, mais il est certain aujourd’hui que la profession ne pourra pas faire l’impasse sur une hausse des prix de vente aux consommateurs. Et ceux qui empêcheront cette hausse porteront une lourde responsabilité dans l’avenir de notre profession. Nous sommes des prestataires de service, nous ne pouvons plus nous contenter de vendre une marge sur achat, mais bien une marge sur prestation.
Quelles sont les perspectives pour 2008 ? Sera-t-elle une année de mutation pour la DA ?
La DA n’a pas d’autre choix que d’être acteur de son propre changement si elle veut continuer à se développer face à une concurrence accrue, notamment celle des intervenants du hors domicile et face à un marché sur lequel il est de plus en plus diffi cile de trouver de nouvelles niches.
La consommation nomade a le vent en poupe. Notre secteur doit se positionner pour apporter des solutions pertinentes aux nouvelles tendances de consommation. La restauration rapide aussi est devenue très agressive car elle répond aux besoins d’une clientèle qui veut de la rapidité, de l’efficacité, de la qualité et du prix ! La hausse des prix des matières premières ne doit pas conduire les professionnels à sacrifier la qualité des recettes de nos produits, au risque de voir se détourner le consommateur de l’automate et de détériorer l’image de la machine à café dont on entend encore ici et là qu’elle sert du « jus de chaussette » !
Les goûts du consommateur évoluent. Les jeunes ont tendance à préférer les boissons gourmandes composées, qu’ils ont l’habitude de boire dans les chaînes américaines. A nous de proposer ce type d’offre à des prix différenciés, parallèlement à une offre de qualité autour du café expresso. A condition bien entendu que la concurrence sans fin que se livrent certains acteurs ne vienne pas encore une fois tirer l’offre vers un prix toujours plus bas.
La DA doit se positionner comme un acteur majeur au sein des circuits alternatifs. Confrontés à une situation économique morose et à des modes de consommation qui évoluent rapidement, l’heure du changement et de l’action est venue. La DA ne peut pas rester inerte et doit apporter des réponses concrètes face aux enjeux que sont la nutrition et l’environnement. Même si médiatiquement parlant, la problématique environnementale semble être aujourd’hui plus sur le devant de la scène, la lutte contre l’obésité reste une préoccupation majeure des pouvoirs publics.
Nos entreprises doivent réfléchir à ce qu’elles peuvent faire pour répondre aux critiques si elles ne veulent pas sortir du marché. Notre intérêt est d’être en phase avec les attentes des Pouvoirs Publics, des prescripteurs et des consommateurs.
Et que veulent-ils ? 70 % des Français estiment que les entreprises doivent se préoc- cuper de leur santé et de l’environnement. La DA doit montrer qu’elle fait des efforts en ce sens.
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Retrouvez l'intégralité de cet article dans le numéro
66 (février 2008) de DA MAG.

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